Mise à jour du 15 septembre 2026 — Carte verte aujourd'hui, bascule demain. Au bulletin diffusé ce mardi à 6 h, Météo-France ne retient aucun département en jaune, en orange ou en rouge pour mardi 15 ; un seul, les Pyrénées-Orientales, passe en jaune orages mercredi 16. Pic de chaleur tardif aujourd'hui — 30 à 33 °C sur la moitié sud, 35 à 36 °C dans le Sud-Ouest, 36,1 °C relevés à Montpellier — puis bascule océanique mercredi, avec 7 à 15 °C de moins en vingt-quatre heures selon les régions. Coucher du soleil à 19 h 54, quatre minutes de jour perdues chaque jour. Avec 19 h 54 au coucher et quatre minutes perdues chaque jour, l'heure de demi-tour doit être avancée d'autant chaque semaine. C'est cette heure limite, communiquée à un proche, qui déclenche l'alerte. Dans les Alpes du Nord, l'isotherme 0 °C tombe de 4 500 m aujourd'hui à 3 400 m jeudi, sans que la limite pluie-neige descende sous 3 100 m : pas de neige sur les sentiers, mais environ 5 °C à 2 500 m avec du vent de nord — lire la limite pluie-neige et fixer son plafond d'altitude.
Un homme de 64 ans, parti seul jeudi 3 septembre 2026 depuis le barrage d'Ossoue dans le massif du Vignemale (Hautes-Pyrénées), a été retrouvé mort samedi 5 septembre en fin de matinée au bas de la voie normale, après deux jours de recherches menées par le PGHM de Pierrefitte-Nestalas avec l'hélicoptère Choucas 65 et l'appui aérien de la Guardia Civil espagnole, rapportent La Semaine des Pyrénées et Le Petit Journal. Le même samedi, à 15 heures, une randonneuse espagnole de 72 ans est morte d'une chute d'une cinquantaine de mètres sur les pentes du lac Bersau, dans le secteur des lacs d'Ayous (vallée d'Ossau) ; elle marchait avec trois autres personnes et le PGHM d'Oloron a été alerté aussitôt. Deux jours plus tôt, un cueilleur de champignons de 74 ans avait été retrouvé vivant près de Sentein (Ariège) après deux jours passés dans un trou. Trois interventions en cinq jours, dans le même massif, avec une leçon commune que les secouristes répètent depuis des années et que nous avons voulu prendre au sérieux : le secours ne commence pas au moment où vous tombez, il commence au moment où quelqu'un sait que vous n'êtes pas rentré, et où chercher. Voici ce que ces trois recherches enseignent sur le délai d'alerte, ce que doit contenir la fiche d'itinéraire que presque personne ne laisse, ce que doit faire la personne qui reste en bas, et pourquoi le téléphone n'est qu'un fil, pas une assurance.
Vignemale, Ayous, Sentein : trois secours en cinq jours, trois délais d'alerte
Les trois affaires n'ont rien de commun par leur issue et tout de commun par leur mécanique. Au Vignemale, l'homme était parti seul le jeudi ; c'est sa famille, « inquiète de ne plus avoir de nouvelles », qui a donné l'alerte, et les reconnaissances aériennes du PGHM n'ont commencé que le vendredi. Elles n'ont rien donné. Samedi dès 7 heures, la Guardia Civil a engagé un hélicoptère côté espagnol, les gendarmes ont interrogé les refuges du secteur pour reconstituer sa trace, des équipes du PGHM et du Groupe Montagne Gendarmerie ont progressé au sol, « dans un secteur de montagne particulièrement vaste », écrit La Semaine des Pyrénées. Le corps a été localisé depuis l'hélicoptère en fin de matinée. Les premiers éléments, « notamment sur son téléphone », indiquent qu'il avait atteint le pic de Montferrat après être parti du barrage d'Ossoue « avant de prévoir une seconde ascension », précise Le Petit Journal ; la chute serait de plus de 150 mètres et une enquête est en cours.
À Sentein, l'homme de 74 ans cherchait des champignons avec des amis quand il s'est retrouvé séparé d'eux ; l'alerte a été donnée « vers 17 heures » le mardi 1er septembre, le jour même, et le PGHM de l'Ariège a lancé les recherches immédiatement, avec « du monde sur le terrain, des hélicos en l'air, un chien et un drone », selon son commandant cité par France 3 Occitanie. Il a fallu deux jours quand même. Aux lacs d'Ayous, la randonneuse de 72 ans était accompagnée : l'appel au PGHM d'Oloron a été passé dans les minutes qui ont suivi la chute, vers 15 heures. Cela n'a pas suffi à la sauver, et c'est important de le dire : l'alerte rapide ne garantit rien contre une chute de cinquante mètres. Mais elle change tout dans les deux autres scénarios, celui de la personne blessée qui attend, et celui de la personne perdue qui s'épuise.
| Cas | Seul ? | Quand l'alerte est donnée | Durée des recherches | Issue |
|---|---|---|---|---|
| Pic d'Estibat (Ariège), 19-20 juillet | Oui (30 ans) | Disparition signalée le dimanche | Retrouvé le lendemain soir (Lifeseeker) | Décédé le 22 juillet à l'hôpital |
| Sentein (Ariège), 1er-3 septembre | Séparé d'un groupe (74 ans) | Le jour même, vers 17 h | Deux jours | Retrouvé vivant dans un trou |
| Vignemale (Hautes-Pyrénées), 3-5 septembre | Oui (64 ans) | Par la famille, sans nouvelles ; recherches dès le vendredi | Deux jours | Décédé (chute de plus de 150 m) |
| Lacs d'Ayous (Pyrénées-Atlantiques), 5 septembre | Non (groupe de 4) | Immédiate, vers 15 h | Aucune recherche nécessaire | Décédée (chute d'environ 50 m) |
| Gabiétous, vallée de Gavarnie (Hautes-Pyrénées), 6-7 septembre | Oui (20 ans, bivouac de deux jours) | Par les proches, dimanche en fin d'après-midi, à l'heure de retour dépassée | Une nuit (drone), hélicoptère lundi matin | Décédé, retrouvé « sur ce qui reste du glacier des Gabiétous » (chute présumée, enquête en cours) |
Sources : La Semaine des Pyrénées, Le Petit Journal, France 3 Occitanie (articles des 23 juillet, 2, 6 et 7 septembre 2026). Les circonstances exactes des chutes font l'objet d'enquêtes.
Le secours ne commence pas à la chute : il commence à l'alerte, et à la précision de l'alerte
Ce que montre le cas du Vignemale, ce n'est pas une faute, c'est une chronologie. Un randonneur seul tombe le jeudi (l'heure n'est pas connue). Personne ne s'inquiète avant que le silence dure. Quand la famille appelle, la nuit est là ou proche, et un hélicoptère ne cherche pas la nuit un homme en tenue de montagne sur un versant de plusieurs kilomètres carrés : les reconnaissances aériennes commencent le vendredi. Le vendredi ne donne rien, parce que « le secteur du Vignemale » n'est pas un lieu, c'est un massif avec un barrage, un glacier, une voie normale, un pic de Montferrat, des refuges, et deux versants dans deux pays. Il faut un deuxième jour, un deuxième hélicoptère, des gendarmes dans les refuges et des équipes au sol pour resserrer la zone. Le téléphone finit par parler, après coup.
Comparez avec Sentein. L'alerte tombe le jour même, à 17 heures, parce qu'il y avait des amis pour constater l'absence. Le PGHM engage immédiatement une vingtaine de gendarmes, des hélicoptères, un chien, un drone, et un système de localisation prêté par l'Andorre. Il faut tout de même deux jours, parce que l'homme est tombé dans un trou et que la zone reste large. Mais le compte à rebours a commencé cinq à dix heures plus tôt qu'au Vignemale, et à 74 ans, dans un trou, ces heures sont celles qui décident si l'on est retrouvé vivant. Les secouristes le savent depuis toujours ; c'est pour cela que le PGHM des Hautes-Pyrénées, celui-là même qui a cherché au Vignemale, écrit dans ses conseils aux randonneurs deux consignes qui vont ensemble : « Ne partez pas seul » et « Indiquez à un proche l'itinéraire et l'horaire de retour prévu, et suivez-le scrupuleusement ». Le mot qui compte est le dernier. Une fiche d'itinéraire que l'on ne suit pas, parce qu'on ajoute « une seconde ascension » au programme, envoie les secours au mauvais endroit.
Il y a une deuxième variable, moins évidente : la précision de l'alerte. « Il est parti randonner dans les Pyrénées jeudi » et « il est parti du barrage d'Ossoue jeudi à 7 h pour le Montferrat par la voie normale, retour prévu vendredi 16 h, voiture grise immatriculée dans le 64, veste rouge, téléphone 06… » ne déclenchent pas la même recherche. Dans le premier cas, les gendarmes commencent par chercher la voiture ; dans le second, ils commencent par chercher l'homme. Voilà pourquoi cet article ne parle pas d'équipement ni de niveau technique, dont nous avons traité ailleurs (randonner en solo, que faire si l'on se perd, les règles essentielles de sécurité), mais d'une seule chose : ce que vous laissez derrière vous avant de partir, et ce que la personne qui le reçoit doit en faire.
Reportage franceinfo au sein d'un PGHM (février 2025) : comment se monte une intervention, avec quels moyens, et pourquoi la localisation est la première question posée.
La fiche d'itinéraire : les huit lignes que les secouristes voudraient trouver
Les gendarmes du PGHM des Hautes-Pyrénées, dans leurs conseils aux randonneurs, comme la fiche « Comment bien se préparer à partir en montagne » du ministère de l'Intérieur, ne demandent rien de sophistiqué : un itinéraire adapté, une météo lue, un sac complet et, pour le PGHM, « un proche » qui connaît « l'itinéraire et l'horaire de retour prévu ». Nous avons transformé cette consigne en une fiche de huit lignes, construite à partir des questions qu'un opérateur de secours pose réellement quand un proche appelle. Elle tient dans un SMS, une note sur le frigo ou un message vocal ; ce qui compte est qu'elle existe avant le départ, et qu'elle soit mise à jour si le plan change.
- Le point de départ exact et la voiture. Nom du parking ou du hameau (« barrage d'Ossoue », pas « Gavarnie »), marque, couleur et immatriculation du véhicule. La voiture est le premier indice que les gendarmes vérifient : si elle est encore là, vous êtes encore en haut.
- L'itinéraire, avec ses variantes. Les noms des cols, lacs, refuges, sommets, dans l'ordre, et le sens de la boucle. Si vous hésitez entre deux options, écrivez les deux ; si vous en changez en route, un SMS de trois mots (« finalement Montferrat ») vaut une journée d'hélicoptère.
- L'heure de retour prévue, et l'heure limite d'alerte. Ce sont deux heures différentes. « Retour vers 16 h ; si aucune nouvelle à 19 h, appelle le 112. » La seconde est celle qui compte, et elle doit tenir compte du coucher du soleil : en septembre, il recule de quatre minutes par jour.
- Où vous dormez, si c'est sur plusieurs jours. Refuge gardé (les gendarmes y appellent en premier, comme au Vignemale), refuge non gardé, bivouac prévu à tel lac. Signez le registre du refuge : c'est une trace datée.
- Votre tenue et votre sac. Couleur de la veste, du sac, du pantalon. Depuis un hélicoptère, on cherche une couleur, pas un visage.
- Votre téléphone et son état. Numéro, niveau de batterie au départ, présence ou non d'une batterie externe, et si vous avez une montre GPS ou une balise satellite avec fonction SOS. Précisez si vous comptez couper le réseau pour économiser la batterie : cela change ce que les secours peuvent en attendre.
- Votre état de santé et votre expérience. Traitement en cours, allergie, problème cardiaque, et le niveau réel : « pyrénéiste expérimenté » et « première sortie au-dessus de 2 500 m » n'orientent pas la recherche de la même manière.
- Le plan B et le point de repli. Ce que vous ferez si la météo tourne : demi-tour, cabane, vallée voisine. Le mardi 8 et le mercredi 9 septembre, avec la bascule annoncée vers l'air frais et la pluie, cette ligne n'est pas décorative.
Une remarque sur le point 3, parce que c'est là que les fiches échouent le plus souvent. La plupart des randonneurs donnent une heure de retour et personne ne sait quoi faire quand elle est dépassée : on attend « encore un peu », on se dit qu'il n'y a pas de réseau, on ne veut pas déranger les secours pour rien. Le résultat est une alerte donnée à 22 heures pour un retour prévu à 16 heures, c'est-à-dire une recherche qui commence le lendemain à l'aube. Fixer à l'avance l'heure à laquelle on appelle supprime cette hésitation : ce n'est plus la personne qui décide de déranger, c'est le contrat qui l'y oblige.
Pour la personne qui reste en bas : quand appeler, qui appeler, quoi dire
La personne de confiance a un rôle, pas seulement une adresse. Le sien commence à l'heure limite convenue, sans attendre le lendemain matin, et il ne consiste jamais à partir chercher seul dans la nuit : c'est ainsi que l'on transforme un disparu en deux disparus. Le bon numéro est le 112, qui fonctionne depuis n'importe quel téléphone et, dans un département de montagne, oriente l'appel vers l'unité de secours compétente, PGHM ou CRS Montagne ; le 17 (gendarmerie) est une alternative valable pour signaler une disparition. Les personnes sourdes ou malentendantes utilisent le 114 par SMS. Le PGHM des Hautes-Pyrénées tient aussi une ligne d'information sur les conditions en montagne, le 05 62 92 41 41, utile avant le départ et non pour l'alerte.
Quoi dire ? Exactement la fiche, dans l'ordre : qui, parti d'où, quand, par où, pour rentrer quand, avec quelle voiture, quelle tenue, quel téléphone, quel état de santé, et quel a été le dernier contact (heure du dernier message, dernière position connue si une application de partage de position était active). Puis rester joignable, ne pas saturer le téléphone du disparu d'appels qui videront sa batterie s'il est encore allumé : un message court, une fois, et laisser les secours gérer les tentatives de contact. Enfin, prévenir les autres proches pour qu'ils n'appellent pas eux aussi le 112 avec des informations contradictoires. Sur ce que font ensuite les secours avec ce téléphone, notre article du 4 septembre sur la géolocalisation des appels au 112 détaille l'AML, ses limites et le 114.
Une objection revient toujours : « Et si je dérange pour rien ? » Les secouristes répondent à l'unisson qu'une alerte levée parce que le randonneur est réapparu au parking coûte un coup de téléphone, alors qu'une alerte tardive coûte une nuit. Le SNOSM, observatoire national des accidents de montagne, compte d'ailleurs parmi les 10 647 personnes secourues en 2025 une forte proportion de personnes indemnes, 33,5 %, parmi lesquelles il cite « les personnes bloquées ou perdues » et les compagnons évacués avec un blessé : être secouru sans être blessé n'est pas une anomalie, c'est un tiers des personnes prises en charge.
Le téléphone est un fil, pas une assurance : AML, Lifeseeker, batterie
Les trois affaires de la semaine ont un point commun technique : le téléphone a compté, mais après coup ou de justesse. Au Vignemale, il a permis de reconstituer l'itinéraire une fois le corps retrouvé. À Sentein, le PGHM de l'Ariège a dû emprunter à l'Andorre un système, le Lifeseeker, « qui permet de géolocaliser des téléphones portables allumés, même hors couverture réseau », embarqué en hélicoptère : « On amène du réseau sur la zone et le système va trouver le téléphone s'il émet », explique le capitaine qui commande l'unité, cité par France 3. Et il ajoute la phrase qui devrait figurer dans tous les sacs : « peut-être que le téléphone s'est éteint dans la nuit et du coup le système sera inefficace ». L'Andorre s'est équipée dès 2017 ; en France, selon le même article, certaines unités des Alpes (Briançon, Grenoble) le sont, pas celles des Pyrénées, l'investissement étant « de l'ordre de 150 000 euros » ; le Département de la Haute-Savoie a annoncé le 20 août 2026 qu'il le financerait. En juillet, le même dispositif avait permis de retrouver en un jour, au pic d'Estibat, un randonneur de 30 ans parti seul, mort ensuite de ses blessures à l'hôpital.
Ce qu'il faut en retenir, sans technique : votre téléphone n'est utile aux secours que s'il est allumé, avec de la batterie, et si quelqu'un sait qu'il faut le chercher. Partir avec 40 % et pas de batterie externe, c'est partir sans téléphone à partir de 15 heures. Le mode avion économise la batterie mais coupe ce qui permet de vous trouver ; le bon compromis est de garder le téléphone allumé, l'écran éteint, les applications gourmandes fermées, et une batterie externe dans la trousse. Quand vous appelez le 112 vous-même, l'AML transmet automatiquement votre position sur la plupart des téléphones récents, à condition que la localisation puisse s'activer ; sans réseau, aucun appel ne part, mais un SMS au 114 peut parfois passer là où la voix ne passe pas. Et si vous n'avez ni réseau ni batterie, il reste ce que les secours cherchent depuis toujours : une couleur vive, un sifflet, une frontale qui clignote, et un itinéraire connu de quelqu'un.
Ce que disent les chiffres : 2025, année record des secours, et la randonnée en tête
Le bilan 2025 du SNOSM (Système national d'observation de la sécurité en montagne, ministère de l'Intérieur et ministère des Sports, hébergé à l'ENSA de Chamonix), publié en juin 2026, recense 9 187 interventions des services publics de secours en montagne hors domaines skiables entre le 1er décembre 2024 et le 30 novembre 2025, dont 7 992 héliportées, pour 10 647 personnes secourues, en hausse de 7 % sur 2024 et au-dessus de la barre des 10 000 pour la première fois. La randonnée pédestre pèse à elle seule 4 562 interventions, loin devant l'alpinisme (647), le ski de randonnée (625), le VTT (561) et le parapente (449). Le SNOSM attribue cette hausse à la fréquentation (+5,5 % en stations à l'été 2025) et « au profil et aux comportements des nouveaux pratiquants, souvent inexpérimentés et/ou mal préparés ».
Sur les 245 décès recensés en 2025 (en baisse de 8 %), la randonnée en concentre le plus grand nombre : 68 décès traumatiques et 46 non traumatiques, soit 114, « bien que cette activité ne soit a priori pas la plus engagée ». La majorité des décès (58 % pour le PGHM) sont « consécutifs à une glissade, une chute ou à un dévissage », les décès non traumatiques pouvant « être la conséquence d'une mauvaise forme physique, mais aussi de la chaleur estivale ou des effets de l'altitude ». L'âge moyen des personnes décédées en randonnée est de 58 ans, pour une population à 81 % masculine et à 87 % française. Les trois victimes pyrénéennes de la semaine, 64, 72 et, en juillet, 30 ans, ne sont pas des exceptions statistiques, et le bilan rappelle que « la prise d'informations, la bonne préparation des sorties (météo, itinéraire, équipement…) » et « la capacité à renoncer » sont « des éléments fondamentaux de la gestion des risques ». Ce que le SNOSM ne mesure pas, et nous ne l'inventerons pas, c'est la part des personnes parties seules ni le délai moyen entre accident et alerte : ces deux chiffres manquent au débat public.
Septembre, saison des cueilleurs : la pluie de mercredi va remplir les forêts
Le cas de Sentein n'est pas un cas de randonneur mais de cueilleur, et ce n'est pas un détail. Chaque automne, une part des recherches en moyenne montagne concerne des personnes parties aux champignons, souvent seules, souvent âgées, souvent sans sac, sans frontale ni veste, et sans itinéraire parce que la cueillette, par nature, n'en a pas : on suit les cèpes, pas le sentier, et l'on relève la tête dans une forêt uniforme à la nuit tombante. L'ONF le dit en tête de ses conseils relayés par La Semaine des Pyrénées le 31 août : « Informez vos proches de votre destination. Tous les ans, les secours doivent être déclenchés pour rechercher des cueilleurs de champignons égarés. » Avec la pluie annoncée à partir de mercredi après l'été le plus chaud jamais mesuré, les forêts vont se remplir dans dix jours ; c'est maintenant qu'il faut installer l'habitude.
Pour un cueilleur, la fiche d'itinéraire se résume à trois lignes : le nom de la forêt et du parking, la zone visée (« versant nord de telle crête »), et l'heure limite d'alerte, plus tôt que pour une randonnée parce que l'on est en forêt et que la nuit y tombe avant l'heure officielle. L'ONF ajoute une tenue voyante, obligatoire aussi parce que la chasse ouvre dans la plupart des départements le 13 ou le 20 septembre, et rappelle les règles de prélèvement en forêt domaniale : cueillette familiale tolérée jusqu'à cinq litres par personne, 135 € d'amende entre cinq et dix litres, délit au-delà. Sur le fond, l'Anses résume en trois minutes ce que tout cueilleur doit savoir ; pour l'itinéraire, notre guide de cueillette dans le Morvan reste valable partout.
Anses — Cueillir des champignons en toute sécurité (chaîne officielle de l'Agence nationale de sécurité sanitaire).
Le contrat en cinq lignes, à envoyer par SMS avant de couper le contact
« Départ [parking, heure], voiture [couleur, immatriculation]. Itinéraire [A → B → C, variante D]. Retour prévu [heure]. Si pas de nouvelles à [heure limite], appelle le 112 et donne-leur ce message. Veste [couleur], batterie [%], [montre GPS / balise : oui-non]. » Si le plan change en route et qu'un réseau passe, un seul mot suffit : le nouveau sommet, la nouvelle heure. Et à l'arrivée, le message le plus important de la journée tient en deux lettres : « OK ».
Questions fréquentes
À qui laisser sa fiche d'itinéraire si l'on randonne seul et loin de chez soi ?
À n'importe qui capable d'appeler le 112 à une heure donnée : un proche à distance (le SMS ne connaît pas les kilomètres), le gardien du refuge où vous dormez, l'hébergeur de la veille, l'office de tourisme. Le registre d'un refuge, signé avec la date et la destination du lendemain, est une trace que les gendarmes consultent réellement, comme au Vignemale. L'essentiel est que la personne sache qu'elle a un rôle, et à quelle heure.
Combien de temps attendre avant d'appeler le 112 quand quelqu'un n'est pas rentré ?
Jusqu'à l'heure limite convenue, pas davantage. Sans heure convenue, la règle raisonnable est la tombée de la nuit : un randonneur qui n'est pas rentré à la nuit sans avoir pu prévenir est un randonneur à chercher, et une alerte levée coûte un coup de téléphone. N'attendez pas le lendemain matin pour « voir ».
Faut-il appeler le 112, le 17 ou le 15 pour une disparition en montagne ?
Le 112, numéro européen, joignable de tout téléphone et de tout réseau disponible, est le bon réflexe en montagne : il transfère à l'unité compétente. Le 17 (gendarmerie) convient aussi pour une disparition. Le 114, par SMS ou visio, est réservé aux personnes sourdes ou malentendantes. Précisez d'emblée qu'il s'agit d'une personne non rentrée d'une randonnée, avec le lieu de départ.
Une application de partage de position remplace-t-elle la fiche d'itinéraire ?
Non, elle la complète. La position partagée s'arrête là où le réseau s'arrête, souvent dès le premier vallon, et avec la batterie. Elle donne une dernière position connue, précieuse, mais pas l'intention : où vous alliez ensuite. La fiche donne l'intention ; la position donne le point de départ de la recherche. Les deux ensemble divisent la zone à couvrir.
Mon téléphone : mode avion ou allumé ?
Allumé, écran éteint, avec une batterie externe. Le mode avion protège la batterie mais empêche toute localisation par le réseau, y compris par les dispositifs embarqués en hélicoptère qui « trouvent le téléphone s'il émet ». Si la batterie est vraiment critique et que vous êtes en sécurité, alternez : allumé aux heures convenues de contact, éteint entre-temps, et dites-le dans votre fiche.
Sources
- La Semaine des Pyrénées, 6 septembre 2026 — Massif du Vignemale : un homme de 64 ans retrouvé mort après deux jours de recherches (et randonneuse de 72 ans décédée aux lacs d'Ayous)
- Le Petit Journal (Hautes-Pyrénées), 6 septembre 2026 — Chute mortelle au Vignemale : un randonneur retrouvé mort ; Toulouse7, 6 septembre 2026
- France 3 Occitanie, 2 septembre 2026 — Disparition d'un randonneur : « faute d'équipement », les secours français font appel à l'Andorre et à son système de localisation des téléphones
- France 3 Occitanie, 23 juillet 2026 — Malgré une intervention rapide grâce au dispositif Lifeseeker, le randonneur secouru lundi a succombé à ses blessures
- SNOSM — Bilan 2025 de l'accidentologie des sports de montagne (hors domaines skiables), juin 2026 (PDF) ; snosm.fr
- PGHM des Hautes-Pyrénées (Pierrefitte-Nestalas) — Les conseils du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PDF)
- Ministère de l'Intérieur, masecurite.interieur.gouv.fr — Comment bien se préparer à partir en montagne ; Gendinfo, janvier 2022 — Les conseils du commandant du PGHM de Briançon (savoir renoncer, garder une marge pour faire demi-tour)
- ANSC (ministère de l'Intérieur) — Advanced Mobile Location (AML) ; 114, numéro d'urgence pour les personnes sourdes ou malentendantes
- La Semaine des Pyrénées, 31 août 2026 — Cueillette des champignons : les règles à respecter (conseils de l'ONF) ; ONF
- Météo-France — Vigilance accessible, bulletin du 7 septembre 2026 à 6 h (lundi et mardi) ; Météo Montagne ; Alertes-météo, bulletin du 7 septembre 2026
- franceinfo — « Immersion avec les anges gardiens des sommets, le PGHM » (vidéo, février 2025) ; Anses — « Cueillir des champignons en toute sécurité » (vidéo)