À partir de septembre, la forêt cesse d'appartenir aux seuls marcheurs. L'ouverture générale de la chasse s'échelonne cette année entre le dimanche 6 et le dimanche 27 septembre 2026 selon les départements, et la plupart d'entre eux retiennent le 13 ou le 20. Mais le calendrier réel a commencé bien avant : le tir d'été du grand gibier est autorisé depuis le 1er juin et, dans plusieurs départements, la battue au sanglier est ouverte avant l'ouverture générale. Autrement dit, le randonneur qui repart en forêt ce week-end de fin août partage peut-être déjà le terrain sans le savoir.

Ce guide rassemble ce qui est vérifiable et utile : les dates réelles de la saison 2026-2027, les chiffres du dernier bilan de l'Office français de la biodiversité, ce que les panneaux de battue obligent, et ce qu'ils n'obligent pas, les quatre sources qui permettent de savoir où et quand la chasse a lieu, et la conduite à tenir quand on se retrouve au milieu d'une action de chasse. Sans militantisme, dans un sens ni dans l'autre.

À lire aussi , L'automne concentre plusieurs risques qui se cumulent : nos cinq destinations de randonnée d'automne, nos repères sur les éboulements attendus cet automne dans les Alpes et la méthode pour ne pas se perdre en randonnée, qui devient un vrai sujet dès que les journées raccourcissent.

Mise à jour du 15 septembre 2026Carte verte aujourd'hui, bascule demain. Au bulletin diffusé ce mardi à 6 h, Météo-France ne retient aucun département en jaune, en orange ou en rouge pour mardi 15 ; un seul, les Pyrénées-Orientales, passe en jaune orages mercredi 16. Pic de chaleur tardif aujourd'hui — 30 à 33 °C sur la moitié sud, 35 à 36 °C dans le Sud-Ouest, 36,1 °C relevés à Montpellier — puis bascule océanique mercredi, avec 7 à 15 °C de moins en vingt-quatre heures selon les régions. Coucher du soleil à 19 h 54, quatre minutes de jour perdues chaque jour. L'ouverture générale a eu lieu dimanche 13 septembre dans les départements dont la date est fixée au deuxième dimanche de septembre ; d'autres ouvrent le 20. Vérifiez l'arrêté du vôtre et privilégiez les couleurs vives. Dans les Alpes du Nord, l'isotherme 0 °C tombe de 4 500 m aujourd'hui à 3 400 m jeudi, sans que la limite pluie-neige descende sous 3 100 m : pas de neige sur les sentiers, mais environ 5 °C à 2 500 m avec du vent de nord — lire la limite pluie-neige et fixer son plafond d'altitude.

La chasse n'attend pas septembre

L'idée que la saison démarre à l'ouverture générale est la première erreur d'appréciation du randonneur. Le calendrier cynégétique français est en réalité un empilement de périodes qui se chevauchent, fixées espèce par espèce et département par département.

Le grand gibier ouvre le bal. Chevreuil, daim, sanglier et renard peuvent être tirés en juin, juillet et août, rappelle la Fédération française de la randonnée pédestredans sa fiche de conseils. Cette chasse d'été se pratique le plus souvent à l'approche ou à l'affût, un chasseur seul, immobile ou en progression lente, souvent à l'aube ou au crépuscule. Elle est discrète, donc difficile à repérer. Depuis la mi-août, plusieurs départements autorisent en outre la battue au sanglier avant l'ouverture générale : là encore, c'est l'arrêté préfectoral qui fixe les modalités, et il faut le lire pour son département.

Viennent ensuite les ouvertures spécifiques de la fin de l'été : le gibier d'eau sur le domaine public maritime début août, puis dans les zones humides intérieures autour de la troisième semaine du mois, et le tir à poste fixe de la caille et de la tourterelle des bois à la toute fin août dans une partie des départements. Ces dates sont encadrées nationalement mais déclinées localement : seul l'arrêté préfectoral de votre département fait foi.

Enfin, à l'autre bout de l'année, la fermeture générale de la chasse à tir intervient fin février, le dimanche 28 février 2027 dans la plupart des départements. Mais certaines espèces classées susceptibles d'occasionner des dégâts échappent à ce cadre. La FFRandonnée le résume sans détour : fouine, martre, belette ou putois restent chassables jusqu'à fin mars, corbeau freux, corneille noire, pie bavarde et pigeon ramier jusqu'à fin juillet, et vison d'Amérique, raton laveur, ragondin, renard ou étourneau toute l'année. Il n'existe donc, en pratique, aucun mois totalement vierge de chasse en France.

Les dates de la saison 2026-2027 : ce qu'il faut vraiment retenir

Le tableau ci-dessous résume les grands jalons de la saison. Il donne des ordres de grandeur nationaux, pas une règle applicable telle quelle : chaque préfecture publie son propre arrêté d'ouverture et de fermeture, généralement entre le printemps et le début de l'été pour la saison suivante.

PériodeCe qui est chasséMode dominantCe que ça change pour vous
Du 1er juin à la mi-aoûtChevreuil, sanglier, daim, renardApproche et affût, sur autorisation préfectoraleChasseur seul et silencieux, souvent à l'aube ou au crépuscule : aucun panneau n'est imposé
De la mi-août à l'ouverture généraleSanglier, gibier d'eau, caille et tourterelle selon les départementsBattue possible, affût, poste fixeLes premières battues signalées apparaissent, notamment autour des cultures
Entre le 6 et le 27 septembre 2026Ouverture générale, toutes espèces autorisées localementBattue, devant soi, poste fixeLe pic de fréquentation cynégétique, en particulier les week-ends
D'octobre à févrierGrand gibier surtoutBattues collectivesPanneaux temporaires obligatoires et gilets fluo visibles : la chasse devient repérable
Fin févrierFermeture générale de la chasse à tir: Mais la régulation de certaines espèces se poursuit au-delà

Deux nuances méritent d'être connues. D'abord, beaucoup d'arrêtés préfectoraux instaurent un ou plusieurs jours sans chassedans la semaine, le vendredi le plus souvent, parfois le mardi, et certaines communes ajoutent leurs propres restrictions par arrêté municipal. C'est l'information la plus rentable à chercher avant une sortie : elle vous ouvre une journée entière de tranquillité.

Ensuite, une période d'ouverture ne signifie pas qu'une chasse a lieu. Comme le note la FFRandonnée, la date d'ouverture « n'assure aucunement l'organisation d'une chasse tel jour ou à tel endroit ». Sur un territoire donné, l'écrasante majorité des jours ouverts se passe sans le moindre coup de feu. Le sujet n'est donc pas d'éviter la forêt de septembre à février, ce qui reviendrait à renoncer à la plus belle saison de marche de l'année, mais de savoir lire les signaux quand ils sont là.

Ce que disent les chiffres : le bilan OFB de la saison 2025-2026

Publié le 9 juillet 2026, le bilan annuel de l'accidentologie de l'Office français de la biodiversité est la seule source chiffrée qui fasse autorité sur le sujet. Il mérite d'être lu tel quel, sans être tiré dans un sens ni dans l'autre.

La saison 2025-2026 a enregistré 4 accidents mortels, le chiffre le plus bas jamais relevé en France. Deux sont survenus lors de chasses au grand gibier, deux lors de chasses au petit gibier, et trois d'entre eux sont des auto-accidents, c'est-à-dire que le chasseur a été blessé par sa propre arme. Le nombre total d'accidents s'établit à 92, dans la continuité des six dernières saisons, comprises entre 80 et 100 ; sur vingt ans, la baisse atteint 49 % par rapport à la saison 2006.

Le chiffre qui concerne directement les marcheurs est ailleurs : 10 personnes non-chasseuses ont été victimes d'un accident corporelau cours de la saison, contre 16 la saison précédente. L'OFB en recense 4 graves et 6 légers. À cela s'ajoutent 122 incidents matériels sans blessure, tirs en direction d'habitations, de véhicules ou d'animaux domestiques, en baisse par rapport aux 135 de la saison précédente mais toujours au-dessus de la moyenne des quinze dernières années.

Sur les causes, le rapport est précis. Les chasses au grand gibier concentrent 66 % de l'accidentologie totale, et la cause principale des accidents impliquant un tiers y demeure le non-respect de l'angle des 30°, la règle qui interdit de tirer dans le secteur où se trouvent les voisins de poste, dans 32 % des cas. L'établissement a prononcé 39 suspensions administratives de permis de chasser sur la saison.

Ce que ces chiffres disent, en clair : le risque statistique pour un randonneur est faible, et il diminue. Ce qu'ils ne disent pas, c'est qu'il est nul. Dix personnes qui ne chassaient pas ont été touchées en une saison, dans un pays où l'immense majorité des sorties en forêt se passe sans incident. C'est exactement le type de risque faible mais réel qui se gère par quelques habitudes, comme on gère un orage d'été en montagne ou un coup de vent sur une crête.

La cohabitation entre chasseurs et randonneurs, Enquêtes de région, France 3 Nouvelle-Aquitaine

Savoir où et quand la chasse a lieu : quatre sources qui fonctionnent

C'est le point difficile, et il faut le dire franchement : il n'existe pas en France de service unique qui réponde à la question « une chasse est-elle organisée aujourd'hui sur mon itinéraire ? ». L'information existe, mais elle est éclatée. Voici les quatre canaux réellement exploitables, du plus fiable au plus local.

  1. Les calendriers de l'ONF, en forêt domaniale. C'est le cas le plus favorable : l'Office national des forêts publie et met à jour les calendriers de chasse en forêt domaniale, consultables par massif. Si votre randonnée se déroule intégralement en forêt domaniale, vous pouvez savoir à l'avance quels jours sont chassés.
  2. Les arrêtés préfectoraux, pour les dates de la saison. La Fédération nationale des chasseurs et l'Office français de la biodiversité publient les dates d'ouverture et de fermeture par département. C'est là que se trouvent aussi les jours sans chasse.
  3. Les applications départementales et les cartes en temps réel.Plusieurs fédérations départementales ont développé leur propre outil, « Jour de chasse » en Isère, « Chasseco » en Haute-Savoie, et l'applicationMelckone permet de connaître les chasses en cours. La couverture reste inégale selon les territoires.
  4. L'ACCA, la société de chasse ou la mairie.C'est la source la plus locale et souvent la plus précise. Un appel à l'association communale de chasse agréée ou à la mairie de la commune de départ, la veille, règle la question en deux minutes : et c'est aussi la meilleure façon de désamorcer les tensions.

Une remarque de méthode : préparez cette recherche en même temps que votre itinéraire, au moment où vous lisez la carte IGN et où vous regardez la météo. Cherchée la veille au soir, l'information est presque toujours trouvable ; cherchée sur le parking du départ, elle ne l'est jamais.

Chasse : une application de géolocalisation pour améliorer la sécurité de tous, France 3 Grand Est

Les panneaux : ce qu'ils obligent, ce qu'ils n'obligent pas

C'est le malentendu le plus fréquent, et il fonctionne dans les deux sens. Depuis l'arrêté du 5 octobre 2020 relatif à la sécurité en matière d'activité cynégétique, tout organisateur d'une action collective de chasse à tir au grand gibier doit apposer des panneaux de signalisation temporaires sur l'accotement ou à proximité immédiate des voies publiques, pour signaler les entrées principales de la zone chassée. Ces panneaux doivent être posés le jour même, avant tout commencement effectif de l'action de chasse, et retirés ensuite.

Le même texte impose à tout participant à une action collective de chasse à tir au grand gibier :y compris les personnes non arméesrabatteurs et accompagnants : le port visible et permanent d'un effet fluorescent, et il a instauré une formation décennale obligatoire à la sécurité. L'OFB relève d'ailleurs dans son bilan que le suivi de cette formation constitue un facteur positif dans la prévention des accidents.

Premier point à retenir : l'obligation de panneautage ne vaut que pour les chasses collectives au grand gibier. Une chasse à l'approche, un affût, une chasse au petit gibier ne s'annoncent par aucun panneau. L'absence de pancarte à l'entrée d'un chemin ne signifie donc pas l'absence de chasse : c'est précisément le piège de la fin d'été.

Second point, tout aussi important : ces panneaux ne vous interdisent pas le passage. La FFRandonnée est explicite sur ce point : ils « n'interdisent en rien votre passage, mais incitent à la vigilance ». Un panneau « Chasse en cours » n'a pas la valeur d'un arrêté de fermeture de sentier, contrairement par exemple auxarrêtés préfectoraux d'accès aux massifs forestiers ou aux fermetures posées après un incendie. Il vous informe. À vous d'en tirer les conséquences : passer autrement, passer en se signalant, ou renoncer.

Huit réflexes de randonneur, et ce qu'ils valent vraiment

Les conseils circulent en abondance sur ce sujet, avec des niveaux de pertinence très inégaux. Voici ceux qui reposent sur des sources solides, classés du plus utile au plus discutable : parce qu'un conseil présenté comme une évidence alors qu'il n'en est pas une finit par décrédibiliser les autres.

  1. Se renseigner la veille. Le seul réflexe qui règle le problème en amont plutôt qu'en le subissant.
  2. Rester sur les sentiers, dans les secteurs fréquentés. La FFRandonnée insiste : marcher sur les chemins, de préférence en milieu dégagé. Un randonneur sur un sentier balisé est là où les chasseurs s'attendent à trouver quelqu'un ; un randonneur en hors-piste dans un fourré ne l'est pas.
  3. Éviter l'aube et le crépuscule. Ce sont les créneaux privilégiés de l'approche et de l'affût, et ce sont aussi les moments où la visibilité est la plus mauvaise. En automne, cela signifie décaler un départ très matinal d'une heure ou deux.
  4. Ouvrir l'œil sur les indices. Un alignement de véhicules au départ d'une piste forestière, des remorques à chiens, des chasseurs postés en bord de route, des coups de feu : les signaux existent presque toujours avant la rencontre.
  5. Être audible et visible. Couleurs vives sur le sac ou le vêtement, conversation à voix normale plutôt que progression silencieuse. Le silence est un réflexe de naturaliste, pas de randonneur en période de chasse.
  6. Tenir son chien en laisse. Un chien qui divague dans un secteur chassé se met en danger, met en danger la chasse, et peut être pris pour du gibier. C'est valable toute l'année, mais impératif ici : voir nos repères sur la randonnée avec un chien.
  7. Le gilet fluo : utile, mais pas obligatoire.Contrairement à une idée répandue, aucun texte n'impose au randonneur de porter un gilet ; l'obligation vise les participants aux chasses collectives au grand gibier. La FFRandonnée le recommande « pourquoi pas », au moins sur le sac. C'est un plus, pas un devoir : et surtout pas un permis de marcher n'importe où.
  8. La clochette ou le sifflet. Souvent cités, rarement décisifs. Un sifflet sert surtout à se signaler en cas de danger immédiat ; une clochette dérange la faune toute la journée pour un bénéfice marginal. À réserver aux secteurs et aux jours où vous savez qu'une battue est en cours.

Un mot sur ce qui ne figure pas dans cette liste : changer de saison. L'automne est la plus belle fenêtre de l'année pour marcher en France, lumière rasante, températures idéales, sentiers désertés. Y renoncer par principe serait un très mauvais calcul, d'autant que la montagne d'altitude, où la chasse est nettement plus rare, reste praticable tard. Nosdestinations d'automne et le GR10 dans les Pyrénées en début de saison entrent typiquement dans cette catégorie.

Vous arrivez au milieu d'une battue : la conduite à tenir

La situation la plus stressante est aussi celle où le bon comportement est le mieux documenté. La règle tient en une phrase : se rendre visible et parler, plutôt que se cacher et accélérer.

Concrètement, signalez-vous dès que possible au premier chasseur posté que vous croisez, « avec le sourire », écrit la FFRandonnée, et le conseil n'est pas anodin : c'est l'occasion d'apprendre l'étendue du territoire chassé, la durée prévue de l'action, la présence de chiens, et souvent d'obtenir une indication d'itinéraire. Un chasseur posté sait précisément où sont ses voisins de ligne ; c'est lui qui détient l'information dont vous avez besoin.

Si des chiens approchent en aboyant pendant une battue, la consigne s'inverse : mieux vaut s'arrêter et attendre qu'ils s'éloignent plutôt que continuer à progresser. Un randonneur qui avance dans l'axe d'une meute lancée se place exactement là où le gibier est attendu. Cette règle rejoint d'ailleurs celle des chiens de protection de troupeaux : dans les deux cas, le mouvement rapide est l'erreur, l'immobilité calme est la bonne réponse.

Si un groupe se forme et que les chasseurs autorisent la traversée, franchissez la zone ensemble, sur le chemin, sans bruit inutile ni agitation. Et si l'échange tourne mal, cela arrive, ne restez pas sur place à discuter : le désaccord se règle après, auprès de la fédération départementale ou de la mairie, pas au milieu d'une ligne de tir.

Chasse : dans le Var, chasseurs et randonneurs cohabitent et se partagent la forêt, France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur

Montagne, GR et cueillette : trois cas particuliers

En altitude, le risque décroît vite.La chasse française se concentre en plaine, en forêt et en moyenne montagne. Au-dessus de la limite des arbres, elle devient marginale, chasse au grand gibier de montagne dans certains massifs, sur quotas et sur des périodes courtes. Une randonnée d'altitude en septembre pose donc surtout d'autres questions : le retour du froid, la neige précoce, etl'aléa de chutes de pierres, particulièrement élevé cet automne selon les spécialistes du permafrost alpin.

Sur les GR, le problème est celui de la traversée.Un itinéraire au long cours traverse en une journée plusieurs communes, donc plusieurs territoires de chasse, avec des jours sans chasse différents. L'approche par appel téléphonique devient impraticable. Sur un GR, la stratégie réaliste consiste à privilégier les jours de moindre activité, la semaine plutôt que le week-end, et le jour sans chasse départemental quand il existe, à camper etbivouaquer dans les règles loin des zones de battue, et à accepter de croiser des chasseurs sans en faire un événement.

Les cueilleurs sont le public le plus exposé. La cueillette des champignons atteint son pic exactement au moment de l'ouverture générale, et elle a la particularité de faire quitter les sentiers, de faire progresser lentement, silencieusement, à hauteur de sous-bois, dans les zones de fourrés que le gibier affectionne. C'est la combinaison de comportements la plus délicate. Si vous ramassez, faites-le bruyamment, en couleurs vives, et de préférence un jour sans chasse.

Un débat qui revient chaque automne : et une fiction qui l'illustre

La cohabitation entre chasseurs et pratiquants de la nature est l'un des sujets les plus inflammables du débat public français. Les positions sont connues : d'un côté, la demande récurrente d'un ou deux jours hebdomadaires sans chasse à l'échelle nationale et d'une interdiction le dimanche ; de l'autre, l'argument du rôle des chasseurs dans la régulation des populations de grand gibier, dont les dégâts agricoles et les collisions routières constituent un problème réel. Ce site n'a pas vocation à trancher ce débat.

Il se trouve qu'une fiction vient le remettre à l'écran cette semaine précise. « Un dimanche de chasse », un téléfilm de 90 minutes écrit et réalisé par Catherine Klein, est disponible dès le jeudi 27 août 2026 sur france.tv. Le scénario est, à la lettre, le sujet de cet article : une adolescente part marcher en forêt, casque sur les oreilles, sans savoir qu'une battue est organisée à proximité ; elle est grièvement blessée par le tir accidentel d'un chasseur expérimenté. France Télévisions présente le film comme refusant « tout manichéisme » et donnant à chacun des protagonistes son épaisseur.

Le casque sur les oreilles n'est pas un détail de scénario. C'est, avec la sortie du sentier, l'un des deux comportements qui neutralisent les signaux d'alerte disponibles. En période de chasse, garder une oreille libre est probablement le geste le plus simple et le plus efficace de toute cette liste.

Questions fréquentes

Peut-on m'interdire de passer sur un sentier parce qu'une chasse est en cours ?
Un panneau « Chasse en cours » ne ferme pas le chemin : la FFRandonnée rappelle que ces panneaux « n'interdisent en rien votre passage, mais incitent à la vigilance ». Seul un arrêté, préfectoral ou municipal, peut fermer un sentier, et c'est alors affiché comme tel. Cela dit, avoir le droit de passer et être bien avisé de le faire sont deux choses différentes : si une battue est en cours sur votre itinéraire, contourner ou attendre reste la décision raisonnable.

Le gilet fluorescent est-il obligatoire pour un randonneur ?
Non. L'obligation de port d'un effet fluorescent visible et permanent, issue de l'arrêté du 5 octobre 2020, vise les participants aux actions collectives de chasse à tir au grand gibier, y compris les personnes non armées. Aucun texte ne l'impose aux promeneurs. La FFRandonnée le suggère néanmoins comme une bonne pratique, au moins sur le sac.

Quel est le jour le plus sûr pour randonner en forêt à l'automne ?
Le jour sans chasse de votre département, quand il existe : c'est le plus souvent le vendredi, parfois le mardi. L'information figure dans l'arrêté préfectoral d'ouverture. À défaut, les jours de semaine sont nettement plus calmes que les week-ends, et le dimanche matin d'ouverture générale est le créneau à éviter en priorité.

Un accident impliquant un randonneur, est-ce fréquent ?
Rare, et en baisse. Le bilan de l'OFB pour la saison 2025-2026 recense 10 victimes non-chasseuses d'un accident corporel, contre 16 la saison précédente, dont 4 accidents graves et 6 légers, sur 92 accidents au total et 4 décès : le niveau le plus bas jamais enregistré. Le risque est faible ; il n'est pas nul, ce qui justifie les quelques habitudes décrites ici.

Que faire si je croise des chiens de chasse lancés sur une piste ?
S'arrêter et laisser passer. Progresser dans l'axe d'une meute revient à se placer là où le gibier est attendu. Attendez que les chiens s'éloignent, signalez-vous à un chasseur posté si vous en voyez un, puis reprenez votre itinéraire. Le même principe d'immobilité calme s'applique aux chiens de protection de troupeaux, pour des raisons différentes.

Sources et liens utiles

Cet article rassemble des informations de portée nationale. Les dates, les modes de chasse autorisés et les jours sans chasse relèvent de l'arrêté préfectoral de votre département, qui prévaut en toutes circonstances. En cas d'accident, appelez le 112 (ou le 114 par SMS).